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Article de Jean-Pierre Durand publié dans le site Vigile.net le 11 juillet 2012

«On apprenait il y a quelques jours que le ministère du Parimoine canadien et des Langues nationales accordait 4,4 millions de dollars à des groupes de promotion de l’anglais à Montréal, dont 1 560 000$ au puissant lobby anglophone Quebec Community Groups Network (anciennement connu sous le nom d’Alliance Québec). Ces sommes proviennent des Programmes d’appui aux langues officielles. Selon le député conservateur Jacques Gourde, secrétaire parlementaire pour les langues officielles, « le gouvernement entend ainsi maintenir le financement qui vise à préserver, à célébrer et à renforcer la dualité linguistique au Canada ». La belle affaire !»

La réaction ne s’est pas fait attendre. Tour à tour, le Mouvement Montréal français, la SSJB de Montréal, le Parti québécois, le Bloc québécois et, une fois n’est pas coutume, mais dans une moindre mesure tout de même, le NPD, ont reproché ces généreuses subventions qui, ironiquement, surviennent quelques jours après le premier Forum mondial de la langue française. Ce n’est peut-être pas un hasard non plus si ces montants sont alloués en pleine période estivale pour faire le moins de bruit possible (prends l’oseille et tire-toi !)… à moins qu’il ne s’agisse des étrennes que l’on distribue pendant le Noël des campeurs.
Voici donc une liste partielle des organismes ayant eu droit à cette manne fédérale : English-language Arts Network Quebec, English-speaking Catholic Council, Quebec Community Newspapers Association (dont font partie The Laval News, The Suburban, etc.), Quebec Federation of Home and School Associations, The Quebec Drama Federation, Quebec Farmer’s Association, Blue Metropolis (qui organise un fetival littéraire bilingue), Quebec-Labrador Foundation Canada, etc. Plus de 4 millions qu’ils pourront dépenser allègrement pour favoriser davantage la langue anglaise à Montréal… comme si elle ne l’était déjà pas assez.
Mon épouse se demandait récemment si le grand spectacle extérieur L’Écho d’un peuple, dans l’Est ontarien, serait à nouveau présenté cet été. Il s’agit d’un spectacle à grand déploiement qui raconte 400 ans d’histoire de la présence francophone en Ontario. Je me suis renseigné et j’ai appris que l’événement s’était éteint en 2008 faute de moyens financiers suffisants. Il ne sera pas repris cette année. C’est en cherchant cette information que je suis tombé par hasard sur le webzine franco-ontarien Tagueule ! En le « feuilletant », j’ai lu cette phrase : « Nous (les Franco-Ontariens), nous nous comparons si mal aux Anglo-Québécois à tant d’égards – écoles, hôpitaux, grands journaux, universités, services et droits acquis de tout genre – qu’il n’est pas surprenant que leur lobby aussi soit meilleur que le nôtre ».
En fait, c’est à tort que nous prenons les Anglo-Québécois pour une minorité, car, tant que nous serons les vassaux d’un pouvoir qui parle d’abord et avant tout l’anglais, nous serons perdants sur toute la ligne. Sur le même webzine franco-ontarien, je relève cette déclaration d’un ancien premier ministre de l’Ontario, George Drew, faite en 1943. Bien sûr, elle est datée, mais je ne crois pas qu’aux yeux d’Ottawa elle soit pour autant périmée, même si personne n’oserait aujourd’hui le dire : « Il n’est pas injuste de rappeler aux francophones qu’ils sont une race de vaincus et que leurs droits n’existent que grâce à la tolérance de l’élément anglais, lequel, avec tout le respect dû à la minorité, doit être considéré comme étant la race dominante. »
Cette « minorité » anglo-québécoise n’existe pas tant et aussi longtemps que nous sommes dans le cadre canadien. Au fond, comment peut-on parler sans rire d’une « minorité », quand celle-ci est à ce point choyée, chouchoutée, outrageusement favorisée, gavée, gâtée pourrie et, avant longtemps, si ça se trouve, il y aura des bonnes âmes pour proposer un téléthon pour qu’elle puisse encore mieux s’épanouir et nous faire disparaître à petit feu.
Le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, James Moore, a déclaré : « Les Canadiens ont confié un mandat clair à notre gouvernement, celui d’investir dans des projets qui font la promotion des langues officielles au pays. » Mets ça dans ta pipe, Baptiste ! Notre fossoyeur a parlé.