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Débat très intéressant diffusé mardi dernier à Canal Savoir sur les questions juridiques entourant à l’accession à l’indépendance du Québec, en présence des excellents Guillaume Rousseau, Danic Parenteau ainsi que de Stéphane Beaulac et Frédéric Bérard.

Je vous encourage à visionner l’émission au complet ici : http://bit.ly/1UaBsxQ
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Au début de l’échange, Frédéric Bérard indique avec véhémence que d’oser souligner, dans le cadre d’un tel débat sur un sujet lié à la question nationale, que le professeur Stéphane Beaulac et lui-même sont manifestement d’allégeance fédéraliste, cela serait « minable », « cheap ».

On peut les comprendre, ces deux-là préfèreraient de loin qu’on les présente comme des juristes, des constitutionnalistes émettant des opinions d’experts, des avis scientifiques sur l’état du droit eu égard à l’indépendance du Québec ainsi qu’aux enjeux linguistiques au Canada…

Certes, ils sont des juristes, des constitutionnalistes. Certes, ils sont des universitaires, des auteurs, des chercheurs, des profs, etc. Mais qu’on ne s’y trompe pas : ils ne peuvent apparaître uniquement sous cet auréole en faisant comme si leur analyse était parfaitement « objective et sérieuse » quand vient le temps d’aborder la question du statut politique du Québec… Plus particulièrement, Frédéric Bérard ne peut sérieusement affirmer, comme il l’a pourtant fait lors de ce débat, qu' »il ne se considère pas à titre personnel, fédéraliste ». Ou bien il joue avec les mots, ou bien il a résolument changé d’opinion sur le Canada, ce qui m’étonnerait… Dans tous les cas, il faudrait faire preuve d’un minimum de « Clarté », car après tout, une réponse claire à une question claire, n’est-ce pas « le wet dream de tout fédéraliste »?
(http://bit.ly/1Pv7HWo page 5)…

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Source de la photo : Journal Le Reflet du Lac, 20 mars 2015, photo gracieuseté (du Parti libéral?), [En ligne] Site consulté le 16 juin 2016 ( http://bit.ly/28GlvcA)
Ci-bas, vous pouvez apercevoir une photo du professeur Beaulac datant de mars 2015 où on le voit en compagnie de militants du PLC. L’article duquel est tirée la photo (http://bit.ly/28GlvcA) précise que monsieur Beaulac a été élu président de l’Association libérale de Brome-Missisquoi. Lors des dernières élections fédérales, celui-ci a également agi à titre de coprésident de la campagne de Denis Paradis dans ce même comté (autre article et autre photo: http://bit.ly/23cWGRm). Également, le Directeur général des élections du Québec nous apprend qu’en 2014, un certain Stéphane Beaulac résidant à Saint-Armand – comme monsieur le professeur, a versé un don de 100$ au Parti libéral du Québec (http://bit.ly/1UkNsiF)…

Quant à monsieur Bérard, rappelons qu’en 2008, il a cofondé avec Patrice Ryan, aujourd’hui président de l’Idée fédérale, l’Institut du Canada moderne (http://bit.ly/1UaxcOJ), un think tank fédéraliste lancé en présence d’André Pratte, Michael Ignatieff, Alexandre Trudeau et autres ardents canadianistes, mais qui n’a pas duré un an … Il figure aussi parmi les auteurs du livre « Reconquérir le Canada » sous la direction d’André Pratte, paru en 2007 aux éditions Voix parallèles.

Quoiqu’il en soit, le problème n’est pas en soi que ces personnages soient de tendance fédéraliste, à l’évidence… Cela, je le respecte, prenant moi-même position de manière affirmée sur ce débat essentiel à notre vie démocratique. Le problème, c’est qu’ils veulent nous faire croire que cela ne teinterait pas leur lecture de la réalité constitutionnelle de ce pays… Or, on sait très bien que l’objectivité pure, en science, et a fortiori en droit, – qui n’est d’ailleurs pas une science, ça n’existe pas. Un petit effort de réflexivité méthodologique, de transparence intellectuelle et d’honnêteté serait donc de mise.

Je crois donc qu’il serait plus sage pour ces intervenants, plutôt que de chercher à cacher leurs orientations politiques, de les assumer pleinement et de se montrer transparents, pour le bénéfice de la population. Après tout, il est parfaitement normal que des intellectuels prennent part au débat politique. Et du côté des intellectuels indépendantistes, ceux-là ne craignent très généralement pas que leurs positions soient connues ; ils s’assument… Et alors, le public sait à qui il a à faire.

Ce n’est pas être « minable », ce n’est pas être « cheap », ce n’est pas être « hors-propos » et ce n’est pas pour les « discréditer » d’emblée et bêtement qu’on précise que ces intellectuels – fort respectables sont colorés politiquement… On le fait parce qu’il faut le faire ; parce que c’est la réalité, parce qu’il ne sert à rien de tenter de s’en défiler et parce qu’ils errent en s’appliquant à nous la cacher, cette réalité, pour plutôt se proclamer en observateurs neutres de la question nationale!..

Et ça, c’est vraiment prendre les gens pour des valises… Et c’est ça qui est cheap. Et c’est pourquoi il faut parfois remettre les pendules à l’heure.

Avec égards.

 

Signature Maxime Laporte
Maxime Laporte,
avocat
Président, Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal