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« Un peu comme une seconde pendaison
pour Louis Riel »  
– Maxime Laporte

 

Montréal, le 20 novembre 2015 – La Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal dénonce le tout récent jugement majoritaire de la Cour suprême rejetant l’appel de Caron et Boutet, deux francophones de l’Ouest qui réclamaient que soit reconnu le bilinguisme législatif en Alberta et en Saskatchewan, en vertu d’une promesse aux Métis formulée par la couronne britannique avant l’annexion de la Terre de Rupert au Dominion du Canada.

Quelques jours après le 130e anniversaire de la pendaison de Louis Riel, cette décision du plus haut tribunal canadien, en consacrant l’unilinguisme anglais des institutions de ces provinces jadis majoritairement francophones, «vient parachever le travail de dupe entrepris au temps de la création de la Confédération pour nier les droits des communautés francophones, aujourd’hui presque totalement assimilées». «Comme une seconde pendaison pour le chef Métis légendaire…»

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Le Canada, pays anglais
Maxime Laporte, avocat de formation et Président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB), a affirmé: «Considérant que deux juges québécois ont rendu un avis dissident dans cette cause, en plus étant donné que le Québec s’est fait imposer par cette même Cour suprême en 1979 l’obligation constitutionnelle de rendre toutes ses lois également en anglais, c’est encore une fois le principe du «deux-poids-deux-mesures» qui prévaut dans ce Canada soi-disant bilingue. Cela, au désavantage de la francité en Amérique du Nord. Cette situation ne pourra qu’accentuer le clivage Québec-Canada en matière de droits linguistiques. En somme, plus clairement que jamais, on voit, hélas, que le Canada réel est, essentiellement, un pays anglais. Et qu’il compte bien le demeurer.»

«Les francophones de l’Ouest ont été floués en 1905 lors de l’entrée de l’Alberta et de la Saskatchewan dans la Confédération, mais il restait un espoir de réparation. Ce que confirme le jugement d’aujourd’hui, c’est qu’au Canada, une promesse faite à des francophones sous la pression d’une crise – dans ce cas, l’insurrection des Métis de 1870 – peut ensuite être allègrement violée par la majorité anglophone. La Cour suprême aura fini par avaliser cette fourberie. De la même veine, les promesses de «changements» faites aux Québécois lors des référendums de 1980 et 1995 ont également été brisées», rappelle Maxime Laporte.

«Près de 35 ans après la Nuit des Longs couteaux, l’isolement constitutionnel du Québec suscite l’indifférence totale du Canada anglais. Cette même indifférence s’observera sans doute aussi face aux Franco-Albertains et Fransaskois aujourd’hui largués par une Cour suprême majoritairement anglophone et dont tous les juges sont nommés par Ottawa. Il faudra bien un jour, – le plus rapidement possible, que les Québécois en tirent les conclusions appropriées, de même que les minorités francophones au Canada anglais», conclut le Président général.

Soulignons que malgré la Charte canadienne de 1982, on observe à chaque recensement fédéral un taux d’assimilation des francophones de l’Ouest sans cesse croissant et variant de 60 à 75 % selon les provinces.

Eric Bouchard, directeur général du Mouvement Québec français,
a tenu à joindre sa voix à celle de la SSJB.