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Par Réjean Parent, dans Le Journal de Montréal, le 6 avril 2014

Lesjanette

S’il est une raison pour aller voter le 7 avril, c’est l’enjeu sur l’identité québécoise qui s’est matérialisé, ces derniers temps, dans le débat sur la charte de la laïcité.  […] la charte m’apparait comme une « vraie affaire » dont il faut s’occuper et dont nous disposons des outils démocratiques pour le faire.

Plusieurs voudraient bien nous faire croire que ce débat est futile et xénophobe et que nous devrions passer à autre chose. Pourtant, c’est un débat latent depuis belle lurette qui avait trouvé son point culminant avec la commission Bouchard-Taylor et dont les libéraux n’ont su que faire lorsqu’ils étaient au pouvoir. L’occupation d’un territoire, la langue et les valeurs culturelles sont les piliers de l’identité d’un peuple, et ce, sont des préoccupations qui se manifestent dans presque que tous les pays de l’Occident avec une acuité plus ou moins grande. […]

Nous comprenons cependant que ce débat sur l’identité ne constitue pas le même enjeu pour nos partis politiques et leur chef. Du côté du PLQ, qui s’inscrit avec Philippe Couillard dans une pure tradition « trudeauiste » du multiculturalisme, nous sommes condamnés à devenir une minorité culturelle au sein du Canada qui doit se bilinguiser institutionnellement pour que ces travailleurs puissent parler en anglais aux visiteurs étrangers de l’usine où ils travaillent. En clair, il n’y a pas d’identité québécoise et tout ce qui pourrait la faire émerger ou se consolider est à proscrire au nom de l’unité canadienne. C’est assez pour ne surtout pas voter PLQ dans la présente élection générale.

[…] Nos partis nationalistes, comme le PQ et la CAQ, sont à l’opposé de la citoyenneté mondiale ou la minoritaire canadienne. Le premier peut être qualifié de ferme et l’autre de mou, mais ils partagent une conscience commune de la nécessité d’agir pour réaffirmer nos valeurs et asseoir notre identité québécoise. Le PQ flotte entre la gauche et la droite pendant que la CAQ est définitivement à droite, mais ils ont bien compris le désir majoritaire d’une population d’être accueillant tout en  restant « nous », le  « nous » demandant à être cerné et balisé.

Si nous prenons en compte nos aspirations nationales, l’économie, notre identité et notre désir d’une société plus juste, le PQ est l’option la plus crédible, le 7 avril, pour faire avancer le Québec dans l’intérêt du plus grand nombre de Québécois.