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La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal avait été invité à l’édition 2010 du Festival des Peuples minoritaires par l’Assessorat de l’éducation et de la culture de la Région autonome Vallée d’Aoste. Nous n’avions pu y être en raison de l’urgence de réagir au jugement de la Cour suprême contre la loi 104 sur les écoles passerelles. Nous avons accepté avec enthousiasme d’y participer cette année, d’autant plus que pour le programmation de 2011, la Sardaigne, la Galice et le Québec étaient les peuples à l’honneur.
Photo MB fpm
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Les organisateurs du Festival des peuples minoritaires se fondent sur le principe que la préservation et la diffusion des cultures des peuples minoritaires sont indispensables au maintien de la diversité culturelle mondiale et à l’enrichissement de l’humanité.

« L’histoire des peuples minoritaires n’est pas faite seulement de leurs luttes pour sauvegarder leur identité, ou de la recherche de mesures propres à assurer leur pérennité. Pour chaque peuple, il doit y avoir aussi des occasions de rencontre, où dominent l’échange d’expériences, la réflexion commune, le dialogue et la convivialité. Et pour ce faire, il faut organiser des rendez-vous, les préparer et en parler à tous de manière à dégager un consensus, afin que le projet porte ses fruits. D’où la naissance de ce Festival des peuples minoritaires en Vallée d’Aoste.

Le mot «festival» évoque la rencontre d’artistes, venus présenter leurs œuvres au public. Aussi, pendant trois jours, vous proposons-nous un volet cinéma, réunissant des vidéos qui illustrent la vie de quelques-unes de nos communautés, avec leurs caractéristiques, leurs problèmes, leurs ambitions et leurs réalisations. Un autre volet du Festival est consacré à la musique, l’âme des peuples.

photo fpm

À côté de ces moments de pur bonheur artistique, nous avons réservé un espace aux discussions que l’on pourrait qualifier de «politiques » : le premier jour sera axé sur le problème des identités dans l’Europe que nous souhaitons ; le deuxième, sur l’importance des différences culturelles face à la globalisation ; et le troisième, sur l’élaboration de stratégies communes en vue de la promotion politique et culturelle des communautés minoritaires.»

(Voir le site du Festival des Peuples minoritaires)

La participation de la SSJB à cet événement avait bien sûr pour objectif d’établir des liens avec les « peuples frères », de mieux les connaître et d’échanger, mais plus spécifiquement de dénoncer les mesures prises par le gouvernement du Canada visant à affaiblir le français au Québec et dans les communautés francophones et acadiennes du reste du Canada. Nous voulons contrer cette propagande néfaste diffusée par les médias fédéralistes et anglophones qui vise à faire passer la résistance à l’anglicisation comme de la fermeture et de la xénophobie. (voir le communiqué)

La délégation du Québec était formée du chercheur Gérald Paquin et Lyne Bérubé, tous deux membres du conseil d’administration de la SNQ des Laurentides, ainsi que de Philippe Perreault, agent de projet et Mario Beaulieu, président de la SSJB de Montréal et du Mouvement Québec français. Le député Yves-François Blanchet devait y participer, mais a dû se désister au dernier moment.

L’organisation a été excellente et nous a donné une très bonne visibilité. Nous avons été invités à faire un article sur le Québec qui a été publié dans la revue « Les peuples frères ». Nous avions également un kiosque parmi ceux des autres Peuples invités. Nous y avons lancé une pétition d’appui international dans le combat du Québec pour la protection du français que de nombreux participants ont signée. Elle sera bientôt en ligne. Plusieurs participants nous ont aussi signifié leur appui à l’indépendance du Québec, bien qu’ils sont perplexes face à ce qui se passe en ce moment.

Le président de la SSJB, Mario Beaulieu, a été invité faire une allocution lors de l’ouverture ainsi que des conférences aux rencontres plus « politiques » que sont les forums des peuples. Il a fait une conférence sur l’évolution des législations linguistiques au Québec et au Canada, ainsi qu’une autre présentation avec les autorités politiques de la région autonome de la Vallée d’Aoste sur la situation politique et la question de l’indépendance du Québec, en remplacement du député Yves-François Blanchet.

Gérald Paquin a également présenté une conférence percutante avec un montage multimédia exceptionnel sur l’histoire du Québec en fonction du territoire, de la situation démographique et de la vitalité linguistique du français. Un représentant de la Fondation Émile Chanoux l’a abordé pour de futurs travaux au sujet de la situation linguistique dans la Vallée d’Aoste. Cette fondation organise le Collège d’étude fédéraliste. Cependant, leur définition du fédéralisme est aux antipodes du système fédéral canadien. Pour eux, il s’agit d’une entente consentie entre des peuples qui gardent leur pleine autonomie. Les gens n’en reviennent pas que le gouvernement fédéral canadien puisse s’ingérer autant dans notre aménagement linguistique à partir d’une constitution que nous n’avons jamais signée. Plusieurs participants nous ont dit qu’ils n’avaient pas eu du tout cette information.

Mario Beaulieu a donné quelques entrevues à des médias régionaux et nationaux italiens. Il a même été joint par téléphone par des journalistes québécois qui voulait parler des nouvelles études de l’OQLF.

La dernière soirée comportait le lancement du film documentaire « Des visages et des mots : Le Québec et les Québécois » réalisé par Daniele Giometto et présenté au Théâtre romain d’Aoste et pour lequel la SSJB a soutenu le tournage au Québec. Ce film extraordinaire présente la question de l’indépendance et de la langue française à partir d’extraits de spectacle et de témoignage de Loco Locass ainsi que des entrevues avec Jean-Claude Germain, Jean-Claude Labrecque, Denis Chouinard, Pierre Curzi, Bernard Landry, Charles Castonguay, Akos Verbocky, Pierre Serré et Mario Beaulieu. La projection a été suivie d’un spectacle du groupe folklorique Valdotain Le chemin de fer et du légendaire groupe québécois La Bottine Souriante.

En bref, la participation de la délégation québécoise au Festival des Peuples Minoritaires a été fructueuse au-delà de toutes attentes. Les citoyens des autres peuples ou nations sont très sensibles à notre situation, car ils vivent des réalités similaires. Nous avons pu établir de nombreux nouveaux contacts et nous pensons avoir diffusé efficacement notre message sur la situation du français et la question de l’indépendance. Il a été décidé d’établir une structure permanente pour soutenir un réseau de solidarité qui permettra entre autres de faciliter la diffusion de nos messages dans les médias internationaux.

Nous avons dû négocier pour pouvoir faire partie des signataires de la déclaration commune clôturant le Festival, qui comportait une motion d’appui au fédéralisme (selon leur définition à l’européenne). Ils ont accepté de la retirer. Nous respectons leur position et ils ont démontré qu’ils respectent la nôtre. Comme l’a dit Bernard Landry dans le film de Daniele Giometto, un Québec indépendant serait un puissant allié pour tous les peuples minoritaires à travers le monde.

Merci aux organisateurs de cette initiative essentielle qui se ne cessera de prendre de l’ampleur pour favoriser l’épanouissement et la liberté collective des peuples contre le rouleau compresseur des langues et des cultures hégémoniques.

Nous avons ressenti un véritable coup de coeur pour les « peuples frères ». Vive le Québec libre! Vive la Vallée d’Aoste et les peuples minoritaires libres!