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Discours prononcé  à l’occasion de la remise du prix Hélène-Pedneault.

 

Chère Josée Boileau,
Madame la Première ministre,
Madame la députée de Gouin,
Chère Régine Laurent, première récipiendaire du Prix Hélène-Pedneault,
Distingués invités,
Chers amis,

Bienvenue à la Maison Ludger-Duvernay. Merci d’être présentes et présents en si grand nombre.

Ce soir, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal décerne pour la deuxième fois, son Grand Prix Hélène-Pedneault. Prix que nous avons créé l’an dernier, en 2015, à l’occasion du 75e anniversaire du droit de vote des femmes. Cela faisait un bon bout de temps que nous espérions la création d’un telle distinction. Parmi tous nos Grands Prix, le Prix Hélène-Pedneault est le premier à porter le nom d’une femme, – et pas n’importe quelle, et le premier à être entièrement dédiée aux femmes et à la cause des femmes.

Je tiens d’emblée à souligner le travail extraordinaire du comité, – entièrement féminin, qui a été mis sur pied pour sélectionner notre récipiendaire et organiser le présent événement. Je me permets de remercier plus particulièrement France Langlais, Première Vice-présidente générale et responsable du comité, Nicole Boily, Ginette Drouin, Sophie Stanké, Sylvie Dupont, Anne-Michèle Meggs, et tous les bénévoles. Une bonne main d’applaudissement.

Trop longtemps, la Société a été vue, non sans raison, comme une institution très patriarcale et laissant peu de place aux femmes. Jusqu’ici, une seule femme, Nicole Boudreau, a accédé à la présidence générale de notre organisation. Au même titre qu’une seule femme dans notre histoire a accédé à la tête du gouvernement québécois, et elle est d’ailleurs dans la salle. Encore en 2016, et malgré certains progrès remarquables qu’on doit entre autre aux Lise Payette et Louise Harel de ce monde, malgré ces progrès, donc, trop peu de femmes prennent part à la vie publique et politique au Québec, et rares sont celles qui accèdent aux véritables fonctions de pouvoir.

Bien sûr, la Société Saint-Jean-Baptiste ne fait pas exception en ce domaine, en dépit du fait qu’elle s’est tout de même montrée audacieuse à certains moments de son histoire en ce qui a trait à la cause des femmes. La Société et tout particulièrement ses membres féminines ont joué un rôle important dans les débuts du mouvement féministe québécois, avec la fondation en 1907 de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, dont la figure la plus marquante fut sans doute Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, cette grande femme de notre histoire qui s’est battue avec passion pour l’avancement des droits et des intérêts des femmes, et notamment pour la reconnaissance du droit de suffrage féminin.

Par ailleurs, la Société a pris des positions progressistes en ce qui a trait au combat pour le droit des femmes à disposer librement de leur corps et de leur personne, et pour la reconnaissance de l’égalité homme-femme en tous domaines. Et nous veillons nous-mêmes à montrer l’exemple, alors que la moitié de nos employés à la Société sont des femmes. Et pour ce qui est du Comité de la Fête nationale, la permanence est féminine à 100%. La Société compte également dans ses rangs plusieurs militantes féministes actives. Et enfin, elle peut compter sur un président général lui aussi pro-féministe, entre autre grâce à une Première dame qui l’éclaire et le conseille brillamment en ce sens.

Sachant bien sûr que le féminisme est un humanisme. Sachant aussi le caractère injuste par nature et les effets pervers, – c’est le cas de le dire, du système patriarcal dans notre civilisation occidentale. Et à ce sujet, je pourrais vous parler longtemps des enseignements que je tire de mes rencontres avec des représentants des Premières nations du Québec, et de l’étude de leur culture ancestrale dont nous avons hérité en partie. Enfin, en tant qu’hommes, je crois qu’il faut se demander quel rôle nous pouvons jouer dans le combat pour l’égalité des sexes, quelle éthique doit être observée, quels changements doivent être mis en œuvre pour se rapprocher le plus possible de cet idéal ou plutôt de cet objectif.
Je suis donc fier que nous ayons décidé de lancer ce prix Hélène-Pedneault, une décision cohérente avec le vent de changement et de modernité qui souffle en ce moment à la SSJB, mais une décision qui renoue en même temps avec certaines des plus belles réalisations historiques de cette institution qui porte l’héritage extraordinaire de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et des Marie Lacoste-Gérin-Lajoie et Caroline Dessaulles-Béique, dont l’œuvre aura représenté une étape importante dans le processus de libération des femmes, qui reste encore à parachever.
Je tiens à rendre hommage à Hélène Pedneault, notre patriote de l’année 2009, qui nous a quittés trop tôt et dont l’intelligence, la fougue libératrice, le sens de la justice sociale et la créativité nous manquent énormément en ces temps de saccage du Québec moderne. Je remercie les proches d’Hélène Pedneault de nous avoir permis de prêter son nom à ce prix. Nous voulions que ce prix incarne l’esprit d’Hélène et les combats qu’elle a menés pour le bien commun. Il s’agit donc pour nous, en remettant ce Prix, d’honorer sur une base régulière une Québécoise qui s’est distinguée dans le combat pour l’avancement de la cause des femmes au sein de la société civile, en s’investissant dans différents domaines d’action progressiste.
Notre lauréate de ce soir est une personne pour qui j’éprouve un énorme respect ; une personne admirable qui a appris à cultiver la lumière à même sa plume et sa parole. Journaliste accomplie, ancienne rédactrice en chef du Devoir, elle fait preuve, à chacune de ses interventions, d’un sens aigu du devoir citoyen ; d’un sens aigu, aussi, de la justesse et de la justice. Inspiration non seulement pour les jeunes femmes journalistes, mais pour tous les acteurs des médias en général, Josée Boileau appartient à cette minuscule minorité de citoyens québécois encore capables de fabriquer de l’extraordinaire dans ce monde en perte de repères qui, de manière inquiétante, semble bâiller devant son destin. Esprit libre, femme de conviction, grande progressiste et féministe, elle témoigne avec intelligence et sensibilité de ce que le Québec a de meilleur. En observatrice aguerrie de l’actualité, elle accompagne nos réflexions pour les mener vers plus de solidarité, plus d’humanité. Sur tous les sujets qu’elle aborde dans ses écrits, – affaires publiques, éducation, culture, justice sociale, la question de la place des femmes dans la société se révèle dans toute sa complexité, sa transversalité, sa profondeur.

Parce qu’elle excelle dans toutes les dimensions de son travail, Josée Boileau aurait très bien pu recevoir plusieurs autres prix ce soir, notamment le Prix de journalisme Olivar-Asselin ou le Prix de littérature Ludger-Duvernay, – ce sera sans doute pour une prochaine fois, mais comme on doit se limiter à un seul Prix par personne à la fois, le jury du Prix Hélène-Pedneault, imprégné de la mémoire de celle qui lui a donné son nom, a voulu souligner cette fois, l’aptitude extraordinaire de Josée Boileau à porter les aspirations des femmes québécoises et veiller à l’avancement de leurs intérêts.

Pour tout cela et plus encore, au nom de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, madame Josée Boileau, je vous félicite. Et nous sommes très fiers de vous décerner le Grand Prix Hélène-Pedneault.

 

Signature Maxime Laporte

Maxime Laporte
Président général, Société Saint-Jean-Baptiste