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On apprenait récemment que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) enquêtera sur les transactions immobilières du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Le CUSM serait en quasi-tutelle suite au dérapage financier majeur survenu sous l’administration du Dr Arthur T. Porter.

Dans la saga du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), les citoyens des régions éloignées de Montréal sont les dindons de la farce. Ils auront à payer pendant des décennies pour un deuxième mégahôpital anglophone, alors que pour une ville de cette taille, un seul mégahôpital suffirait amplement. Situé dans un rayon d’à peine dix kilomètres, chacun de ces mégacentres hospitaliers représente l’équivalent d’un stade olympique en investissements publics. Toutes les régions du Québec devront contribuer à défrayer des milliards de dollars pour 2 mégahôpitaux à Montréal, financés à part égale, l’un pour les 79 % de francophones et l’autre pour les 8 % d’anglophones au Québec. Le domaine de la santé s’établit de plus en plus comme l’un, sinon le plus important employeur. Le McGill University Health Center (MUHC) constitue déjà le 4e employeur en importance à Montréal, devant le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).


Alors qu’on savait déjà que l’exode annuel de plus de 50% des diplômés en médecine de McGill représente un énorme gaspillage financier, le gouvernement libéral et son ministre Philippe Couillard n’ont pas hésité à s’engager dans la construction d’un nouveau méga-hôpital anglophone pour McGill, sans qu’il y ait eu de débat public sur cet enjeu pourtant majeur. Plusieurs études indiquaient que, au contraire, la décentralisation de la formation des médecins vers les régions aurait favorisé le recrutement de médecins qualifiés pour contrer la pénurie de médecins.

Il y a presque 4 ans, Pierre-André Julien, économiste de réputation internationale et professeur de l’Université du Québec à Trois-Rivières, déclarait que « bâtir simultanément le McGill University Health Centre (MUHC) et le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) fera exploser les coûts de construction, actuellement estimés à 3,6 milliards. En plus des inévitables dépassements inhérents aux mégas-projets, leur construction simultanée pourrait facilement faire grimper les coûts jusqu’à 7 milliards. […] Cela aura un impact majeur sur les ressources allouées et les emplois reliés au domaine de la santé en région. »

Le gouvernement actuel ne doit négliger aucune avenue pour limiter le dérapage financier du CUSM et son incidence sur les infrastructures de santé dans toutes les régions du Québec.

Pour contrer son impact anglicisant majeur sur la région métropolitaine et inciter davantage les médecins formés dans ce mégahôpital universitaire à demeurer au Québec et à s’installer plus fréquemment dans les régions éloignés de Montréal, on doit en aucun cas attribuer le statut bilingue anglais-français au mégahôpital du MUHC, car il ne répond pas au critère de l’article 29.1 de la Charte de la langue française. Il ne desservira aucunement une majorité d’anglophones.

Mario Beaulieu
Président du Mouvement Québec français