INTRANET MEMBRES SSJB

par Denis Moniere

La semaine dernière les 82 maires de la Communauté urbaine de Montréal qui représentent plus de 4 millions de Québécois se sont opposés à la construction du pipeline de Trans Canada d’une part parce que les retombées économiques de ce projet seront insignifiantes au Québec et d’autre part parce que ce sont les Québécois qui devront prendre tous les risques en cas de pollution. Personne n’a oublié les risques que la politique fédérale de transport a fait courir aux Québécois de Lac Mégantic où c’est le Québec qui a du éponger la plus grande part des dégâts. Les élus municipaux se sont faits les porte- parole des mouvements sociaux et ont exprimé un large consensus québécois contre la politique canadienne de transport de pétrole.
 
Ce dossier nous ramène aussi à la réalité et dévoile les inepties de nos bonimenteurs provinciaux qui s’acharnent à entretenir notre impuissance collective et à détourner les Québécois des vrais affaires soit le contrôle du territoire par les Québécois. Le débat sur le transport du pétrole nous permettra de poser de façon tangible la question du partage des pouvoirs car le fédéral au nom de l’intérêt national nous imposera sa volonté. Les Québécois comprendront que le Canada est un carcan qui ne sert pas nos intérêts et que seule l’indépendance nous permettra de décider par nous-mêmes de notre développement économique. Or tant que nous sommes enfermés dans le Canada ce sont les autres qui prennent les décisions à notre place au nom d’un autre intérêt national.
 
Les réactions intempestives et méprisantes des leaders politiques canadiens sont une démonstration éloquente qu’il y a deux solitudes au Canada et que l’intérêt national du Canada est contraire à celui du Québec. Prenant les Québécois pour des imbéciles, le premier ministre de la Saskatchewan, fait appel à la « solidarité nationale » pour favoriser l’enrichissement de l’Ouest et nous laisser nous démerder avec les risques environnementaux. Comment ces Québécois bornées ne comprennent-ils pas qu’ils en profiteront eux aussi grâce aux paiements de péréquation cette véritable escroquerie à la mode canadienne. A sa décharge, il faut dire qu’il n’est pas le premier à utiliser cet argument pour faire avaler la pilule du pipeline au goût de pétrole, le premier ministre Couillard l’ayant devancé dans le chœur des charmeurs canadiens qui veulent tellement notre bien. La péréquation est un système toxique qui appauvrit Jacques pour enrichir Paul et lui faire croire qu’il en profite. Depuis la Confédération, les politiques de développement économique canadiennes ont favorisé le développement de l’Ontario et de l’ouest au détriment des autres régions. Ottawa a subventionné l’industrie automobile, les transports du grain, l’industrie nucléaire et n’a jamais investi par exemple dans le développement de l’hydro-électricité. Comme le gouvernement canadien à partir de 1957 a décidé pour favoriser l’unité nationale de développer des programmes sociaux universels dont il fixait les paramètres, il fallait un système de compensation des inégalités de revenus entre les provinces pour donner les mêmes services à tous. Ainsi, le système de péréquation déguise de façon hypocrite un système de dépendance économique sous les habits de la générosité alors qu’en fait les payeurs de taxes québécois financent en partie la péréquation. Il faudrait en plus être reconnaissant et soumis à nos maîtres du Canada. En devenant indépendant, nous pourrons choisir nous-même nos stratégies de développement en fonction de nos intérêts et nous n’aurons plus besoin de péréquation. Nous libérerons le Canada de ce fardeau. Mais en prime nous aurons une économie prospère et verte.