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Mme Mushikiwabo a indiqué à l’AFP que le bureau de Québec aurait le mandat «de couvrir la francophonie des Amériques» ainsi que la présence du français sur internet.

De plus, elle a annoncé que l’observatoire de la langue française dans le monde, qui produit un rapport sur l’état du français tous les quatre ans, quitterait le siège de l’OIF à Paris pour le nouveau bureau de Québec.

La vision changera

«Ça ne peut pas nuire que l’OIF s’installe à Québec. C’est une bonne chose que l’Organisation puisse avoir un bureau en plein cœur de la francophonie en Amérique du Nord», estime Marie-Anne Alepin, présidente de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB).

Mme Alepin pense qu’une fois installée dans la capitale nationale, l’OIF portera, sur les données démographiques du français, un «regard sans doute différent […] Le français est menacé plus que jamais au Québec, sur l’île de Montréal, la proportion des francophones de langue maternelle est passée de 53,4% en 1996 à 48,2% lors du dernier recensement», dénonce-t-elle.

Si la présidente de la SSJB se dit prête à «collaborer avec l’OIF sur une base permanente», elle l’invite aussi «à se servir de sa présence au Québec pour aider les organisations de la société civile à assurer une meilleure pérennité du français au Québec».

Elle souligne que des pressions avaient dû être faites pour que son organisme participe au Forum mondial de 2012, affirmant que les organisations de la société civile n’avaient pas été conviées.

Mais, selon Mme Alepin, il faudra plus qu’un bureau de l’OIF à Québec pour corriger les choses.

«Pour contrer le recul de notre langue commune et officielle au Québec, ça ne peut passer que par les politiques linguistiques faites par notre gouvernement. Et tant et aussi longtemps que nous demeurons une province, la politique linguistique du Canada continuera de nous affecter énormément», dit-elle en se référant notamment aux pouvoirs en matière d’immigration.

Bien reçu au Canada

«C’est très positif d’ouvrir une représentation à Québec. Ça va donner l’occasion à l’OIF de s’approcher des francophonies du Canada», a déclaré, pour sa part, Liane Roy, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA).

«Nous sommes 10 millions à parler le français au Canada. En Colombie-Britannique et en Alberta il est en croissance, tout comme au Yukon, la juridiction la plus bilingue après le Québec et le Nouveau-Brunswick», fait-elle remarquer.

Moncton, au Nouveau-Brunswick, avait accueilli le sommet de la francophonie en 1999.

«Nous assistons aux sommets de la francophonie avec la délégation du Canada. Nous leur soumettons aussi des mémoires. Nous ne sommes pas des inconnus à l’OIF, mais nous voulons resserrer nos liens avec eux», explique la présidente de la FCFA.

Mme Roy pense même que l’OIF y gagnera. «La question n’est pas seulement de se demander comment l’OIF peut nous aider, mais aussi comment notre francophonie pourrait nourrir l’OIF. Certaines de nos communautés sont à l’image de l’OIF. On a peut-être des modèles à offrir en matière de diversité culturelle et linguistique.»

Expansion

En plus de Québec, Beyrouth, au Liban, obtiendra un bureau de l’OIF elle aussi. Le nombre de représentations de l’organisme passera ainsi à 13.

En Amérique, l’OIF a actuellement un bureau à New York, à l’intention des Nations unies, et un autre à Haïti, à l’intention des Caraïbes et de l’Amérique latine.