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Article de Camille Desrosiers, publié dans le Journal De Montréal, le 21 mai 2012

Le spectacle de la fête des Patriotes, mettant en vedette Loco Locass, s’est déroulé sous le signe du carré rouge, hier après-midi, à la Place Jacques-Cartier. « Cette fête est particulièrement à propos par les temps qui courent. La liberté, on la tient souvent pour acquise, mais elle doit être défendue chèrement », explique Biz.

La foule rassemblée pour l’occasion n’y était pas que pour la fête des Patriotes. En fait, bien que des orateurs ont ravivé les mémoires en campant des personnages historiques, les spectateurs s’enflammaient dès qu’il était question d’indépendance.

Selon plusieurs, l’heure de la révolution a sonné au Québec et la grève étudiante n’est que la pointe de l’iceberg.

Leader politique

Avant l’entrée sur scène de Loco Locass, Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec, a adressé quelques mots à la foule assise au soleil. Au sein de ce regroupement se mêlaient les drapeaux du Québec et ceux des Patriotes auxquels était souvent collé le fameux carré rouge. Sans surprises, M. Landry a prôné l’indépendance du Québec « qui était un objectif des

Patriotes », a-t-il rappelé à la foule. Entre chaque phrase, les applaudissements retentissaient.

Textes actuels

Pour le spectacle de Loco Locass, bien que plusieurs textes des albums précédents soient toujours d’actualité et soient abondamment utilisés comme hymne lors des manifestations, le trio a choisi de présenter de nouvelles chansons. « Nos chansons ont été écrites avant la grève et elles ont été

enregistrées pendant la grève. Mais quand on les réécoute, elles prennent une nouvelle couleur à la lumière des événements. C’est donc tout à fait pertinent de sortir ce nouveau matériel  », explique Biz.

La loi 78

Tout au long de l’après-midi, divers acteurs, leaders politiques et chanteurs se sont fermement opposés à la loi provinciale. « On est plus que cinquante, on est plus que cinquante ! Tenez les drapeaux bien hauts » ont scandé les membres de Loco Locass durant leur prestation. La foule a applaudi à tout rompre. « Au fond, il y a une certaine idée du Québec qui est en train de mourir. C’est celle des libéraux de Jean Charest », a scandé Batlam de Loco

Locass lors du spectacle en l’honneur de la Journée des Patriotes d’hier. Une fête politique qui prend « tout son sens » selon son collègue, Biz.

Malgré le dur climat social actuel, Biz de Loco Locass demeure positif : « En ce moment, ce ne sont pas les plus belles années du Québec, c’est certain. Mais une chose extraordinaire est qu’on voit les jeunes se

lever. On a tellement cru, moi jamais, mais autour de moi, que les jeunes étaient finis, apathiques, individualistes, retranchés derrière leur téléphone, et là, on les a vus se lever. Ça, c’est une bonne nouvelle » !

L’éducation devant la santé

Homme de mots, Biz de Loco Locass avoue qu’en parlant aux jeunes manifestants, il se rend compte qu’il a devant lui une génération « souvent plus articulée que les ministres ».

Il les compare à la génération de leurs parents, les baby-boomers qui sont beaucoup plus nombreux. Selon lui, la jeunesse devra être habile politiquement pour faire passer à l’avant son agenda.

« La grève rappelle que la priorité du gouvernement devrait être l’éducation avant la santé parce qu’un peuple éduqué est plus riche pour se payer des meilleurs soins de santé ». Bref, une fête à saveur plus politique qu’historique.

Pendant ce temps, juste à côté du parc, entre les boutiques de la place Jacques-Cartier, les passants continuaient souvent leur chemin en tournant à peine la tête. Signe que la révolution n’est pas encore à l’agenda de tous…

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