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Article de Ève Lévesque publié dans le 24H et dans le Journal de Montréal le 24 juillet 2012

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Il y a 45 ans, du balcon de l’hôtel de Ville de Montréal, Charles de Gaulle lançait une phrase désormais célèbre, que plusieurs considèrent comme l’étincelle ayant popularisé le mouvement indépendantiste québécois : « Vive le Québec libre ! ».

Pour Mario Beaulieu, président de la Société Saint-Jean-Baptiste, qui soulignait mardi cet anniversaire, la phrase a été un catalyseur.

« Je pense qu’au Québec, ça a beaucoup stimulé la fierté nationale et ça a donné une visibilité internationale au mouvement nationaliste et, éventuellement, au mouvement indépendantiste québécois, a-t-il rappelé. Je pense que ça a été l’élément déclencheur. Il y avait déjà le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) et d’autres groupes qui existaient, mais à partir de ce moment, ç’a été très marquant. »

« C’était clair qu’il venait au Québec pour appuyer le mouvement nationaliste et indépendantiste, a ajouté M. Beaulieu. Ç’a été le début d’une relation plus étroite avec la France. C’est un héritage que le général de Gaulle a laissé au Québec et à la francophonie. »

Marcel Masse honoré

Tout le long de son passage à Montréal en 1967, le général de Gaulle a été accompagné par Marcel Masse, qui était alors ministre de l’Éducation et ministre délégué auprès des chefs d’État.

« J’étais dans la voiture qui suivait celle du général, s’est souvenu ce dernier. Il y avait des milliers de personnes sur la rue Sherbrooke et je sentais une certaine libération psychologique. C’était leur fierté de pouvoir s’afficher comme francophones. Tout le long du parcours et le lendemain de l’évènement, de Gaulle répétait aussi que la France avait aussi besoin du Québec. C’était la première fois que d’autres disaient qu’ils avaient besoin du Québec. Ensuite, ça a joué le plan politique, sur le plan économique, et sur le plan culturel, avec toutes sortes de conséquences, positives ou négatives, selon de quel côté on se situe. »

L’homme politique Marcel Masse a reçu, à l’occasion de cet anniversaire, la médaille Bene Merenti de Patria, remise pour souligner les mérites d’un citoyen ayant rendu des services exceptionnels à la patrie.

Il a été entre autres député de l’Union nationale, ministre de l’Éducation, ministre des Affaires intergouvernementales, vice-président de la Commission nationale sur l’avenir du Québec et grand défenseur de la langue française.

« C’est un honneur que je dois partager avec ma famille, mon équipe, tous les gens avec qui j’ai travaillé depuis de nombreuses années. C’est un succès de tout le monde », a-t-il déclaré.